#54 - L'Horreur à Dunwich

dessin illustration Dunwich Wilbur Watheley aquarelle stylo encre
Tindalos #54 - L'Horreur à Dunwich

 

     Un peu à la manière de La Couleur Tombée du Ciel, l'action met en lumière un lieu particulier. Jadis Arkham, aujourd'hui Dunwich. Le premier hommage à rendre, musicalement, porte évidemment sur cette ville imaginaire. La première des choses à faire était de rechercher la succession de notes pour Dunwich. Un petit tour par l'étoile à douze branches, et le tour est joué :

partition notes thème Dunwich
Thème de Dunwich

 

     Le premier morceau utilisé repose naturellement sur cette succession de notes :

 

     Tout commence avec le piano en notes répétées, et une guitare électrique pour apporter une touche "Amérique perdue". Dès 0'09, nous entendons dans l'aigu le thème Dunwich, rejoué à 0'29. À 0'48, le thème est repris par les cordes graves qui doublent le piano. À 1'07, ce sont les contrebasses et des voix inquiétantes qui reprennent le fameux thème. Peu à peu, les notes s'empilent, et nous aboutissons aux véritables "harmonies de Dunwich" qui retentissent à 1'57 :

partition notes thème harmonies Dunwich
Les Harmonies de Dunwich

 

     Dès 2'45 de cet extrait se glisse une thématique glissante... celle de Yog-Sothoth. La chose est tout d'abord presque imperceptible, mais le thème est redonné à 2'56 :

partition notes thème Yog-Sothoth

 

     À 3'09, c'est un autre thème qui apparaît : celui de Wilbur Whateley :

 

     On pourrait dire que toute la matière de base est donnée pour l'ensemble de l'histoire : Dunwich, Yog-Sothoth, Wilbur Whateley... À 3'36 reviennent les harmonies de Dunwich, auquel répond dans le grave le thème de Yog-Sothoth... affaire pliée...

     À partir de cet instant, tous les morceaux tourneront autour de ces thématiques.

 

     C'est le cas, par exemple, de la partie "Enquête" menée par le professeur Armitage :

 

     Thématiquement, nous employons toujours la mélodie de Wilbur Whateley, dont les deux premières notes ne sont pas sans rappeler celles de Dunwich (ré-mib pour Dunwich, réb-mib pour Wilbur). L'ambiance est comparable, avec le piano qui déroule imperturbablement une note répétée, la guitare électrique qui joue le thème, mais dans le fond se trouve une sorte de grognement, de grondement sourd qui ponctue chaque élément... la bête n'est pas loin...

 

     Les choses se gâtent avec la partie explicitement réservée à Wilbur Whateley :

 

     Cette fois-ci, un basson fait une ponctuation dans le grave, tandis que les contrebasses tiennent une note pédale également dans le grave. L'aigu du piano joue "naturellement" le thème Wilbur Whateley. Le climat d'attente est renforcé par la main droite du piano qui alterne un ré en octave. Mais les instruments s'accumulent, jusqu'à l'arrivée de la flûte, qui fait entendre un thème maintenant bien connu. À partir de 1'58, c'est le thème du "Necronomicon" qui se fait entendre, et se superpose au thème "Wilbur Whateley", manière de traduire les préoccupations "littéraires" du si jeune Wilbur :

 

     Bien entendu, Yog-Sothoth n'est jamais très loin... à 3'39, la partie grave du piano le fait entendre... Puis à 4'34, c'est le retour des Harmonies de Dunwich. Les choses de désagrègent peu à peu, tournant entre le thème Wilbur et le thème Dunwich... et le tout s'achève par le thème Yog-Sothoth.

 

     La "démence d'Armitage" correspond au passage où ledit Armitage déchiffre le journal de Wilbur, et se rend compte de l'horreur proprement dite. Le début du passage, joué simplement au piano, déroule le thème de Dunwich. Pour figurer la progression d'Armitage dans ses recherches, la musique s'anime progressivement, gagne en grave, s'étoffe dans l'accompagnement, avec des répétitions de notes de plus en plus rapides.

     S'ajoute ensuite ensuite une contrebasse, qui ronfle sur le thème Dunwich. Montées chromatiques du piano, puis thème en doubles-notes aux cordes, tempo qui accélère. Retentit le thème "Necronomicon" à 2'31, puis l'ensemble s'emballe : Armitage devient presque fou, connaît les formules et le moyen de se débarrasser du fléau de Dunwich... mais tout disparaît progressivement et retourne à l'ombre...

 

     La partie finale débute sur la répétition de notes, et le jeu fantomatique du thème "Wilbur Whateley". Le grave martèle ensuite une note, laisse passer les thème "Yog-Sothoth", puis l'ensemble s'élève vers l'aigu. Répétition de notes, à nouveau, et dissonances... le thème "Wilbur Whateley" maintenant connu se fait entendre (2'10), tout comme le thème "Yog-Sothoth" (2'47).

     À 3'16, le thème "Dunwich" réapparaît, avec grand renfort de cordes graves ainsi que la guitare électrique. Le thème résonne ainsi dans toute sa pesenteur. Lentement, le tempo s'accélère au gré des reprises, et l'accompagnement piano se lance dans une répétition à l'octave du .

     Chose imprévue, cette répétition me fait penser au thème du Erlkönig de Franz Schubert (célèbre Lied sur un poème de Goethe où un père conduit son enfant malade chez le médecin ; lors de la chevauchée dans les bois, l'enfant délire et aperçoit "le Roi des Aulnes" qui lui promet une vie meilleure ; l'enfant est attiré, le père le rassure ; mais à la fin, l'enfant a été emporté par la mort). Puisqu'il est également question de chevauchée infernale, de poursuite, de forêt traversée et de grande cavalcade, je décide de reprendre le petit élément mélodique du piano :

 

     C'est donc à partir de 4'44 que je reprends cette petite formule d'accompagnement, qui colle à merveille avec l'ambiance de Dunwich. Le motif revient d'ailleurs à 5'01.

     À 5'08, nous entendons au basson la petite formule d'accompagnement du générique, puis le thème "Howard Phillips Lovecraft" (voir Génériques). Bien évidemment, nous terminons avec le thème Dunwich, qui s'impose et claque la note finale.


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