#39 - Prisonnier des Pharaons

illustration égypte howard phillips lovecraft stylo aquarelle
Tindalos #39 - Lovecraft : Prisonnier des Pharaons (1924)

     Là encore, il est intéressant d'observer la progression du texte. Musicalement, j'essaye de coller aux différentes ambiances. La première piste se contente d'accumuler des percussions de type darbouka. On retrouve des fragments de cette piste dans différentes évocations du Caire, dans les discussions avec les bédouins, etc. Piste exclusivement rythmique.

    Pour les besoins du récit, il est bon d'avoir des nappes de cordes et de la mélodie à la flûte. J'ai donc repris la piste précédente en ajoutant des cordes et la flûte. Aucun thème particulier pendant un long moment. Puis à 1'30 retentit le "thème Howard Phillips Lovecraft", façon égyptienne. La fin est plus libre.

     Mais au contact des pyramides, il fallait un thème plus large. Le panorama doit s'élargir, le vent chaud du Sahara doit contourner les monuments cyclopéens et le visage imposant des statues ibiocéphales... enfin, c'est l'effet voulu, en tout cas...

    Difficile de retrouver les impression lovecraftiennes quand il s'agit de musiques hideuses, venues d'un autre temps, écœurantes et repoussantes. L'idée m'est venue d'utiliser un instrument un peu particulier, une dulzaina, dont j'ai modifié le bec. Normalement, le musicien souffle dans une anche double (comme le hautbois ou le basson). Ici, j'ai greffé au corps de la dulzaina un bec de clarinette. Les sonorités obtenues sont très spéciales, et permettent de jouer sur les quarts de ton - d'où le sentiment de fausseté éprouvées par des oreilles bien occidentales. Le fond de cordes est réalisé quant à lui au piano numérique.

instrument vent anche dulzaia
La dulzaina avec un bec de clarinette en mib

     Au moment du montage audio, j'ai superposé la partie précédente avec la procession suivante. Là encore, il s'agit d'une superposition de sonorités synthétiques (piano numérique au son de cordes) et d'instruments acoustiques : dulcimer pour les cordes pincées qui soutiennent rythmiquement, grelots et tambourins. Nous sommes toujours en Égypte, mais plus dans les ruelles du Caire ou à contempler les pyramides ; nous devons avoir l'impression d'assister à un rituel ancien depuis longtemps oublié... la superposition de la dulzaina, dans la version lue, ajoute à l'étrangeté du passage.


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