Lui

Publication aujourd'hui de la nouvelle Lui. C'est amusant comme Lovecraft intègre dans ses récits des éléments directement issus de son expérience personnelle. La description presque onirique de New York est presque identique à ce qu'il écrit dans sa correspondance. Et son dégoût progressif, lié bien entendu à la population bigarrée de l'immense cité, finit par prendre le dessus.

On pourrait dire que le racisme de Lovecraft, très théorique - c'est presque une ligne morale d'éducation - à l'époque où il vit à Providence, devient pratique à New York...

Heureusement, l'imaginaire et le talent narratif de Lovecraft lui permettent de produire une œuvre - et non un programme de propagande. Lui nous mène donc à une étrange rencontre.

Il y a même une forme de mise en abîme (Lovecraft en était-il conscient lui-même ?) : les étrangers qu'il méprise tant lui rappellent-ils ces hollandais venus pour asservir les populations indigènes d'Amérique ? Ne serait-ce pas un aveu ?... l'homme blanc qu'il chérit tant ne doit-il pas payer à son tour pour le désordre qu'il est venu imposer aux populations premières ? N'est-ce pas, justement, la morale de cette population indienne venue "reprendre" l'âme du hollandais ?

Écrire commentaire

Commentaires: 0